La crue quinquennale de janvier 2018


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> Créé le 17 avril 2018 | Modifié le 10 avril 2018
Des circonstances météorologiques défavorables et cumulées ont provoqué une crue de l’Isère dans la nuit du 4 au 5 janvier 2018, notamment en amont de Grenoble. Une crue exceptionnelle pour la saison mais pas par son ampleur.

Des précipitations soutenues dès le 31 décembre 2017 avaient déjà bien gonflé les cours d’eau des bassins de moyenne altitude avant un renforcement conséquent de la pluviosité dans la matinée du jeudi 4 janvier 2018. Les cumuls sur 24 heures ont été de l’ordre de 60 à 110 mm sur le bassin de la Romanche, de 30 à 60 mm sur le Drac, de 40 à 60 mm sur le Grésivaudan et de 20 à 40 mm sur la Bourne. Les torrents d’altitude des secteurs en amont de l’Isère, alimentés par un redoux favorisant la fonte de la masse neigeuse, ont atteint leur maximum en fin de journée, venant nourrir une Isère déjà bien chargée et provoquant une crue quinquennale peu habituelle en cette période.

Déroulé de la crue

Un bulletin d’alerte prévisionnel a été émis par le SPC (Service de Prévision des Crues), le 3 janvier au matin, déclarant l’Isère grenobloise et son amont en vigilance jaune. Les agents de l’AD ont alors réalisé une série de tournées préalables à la crue afin de vérifier la bonne fonctionnalité des ouvrages. Ces tournées ont permis notamment de s’assurer que la piste de circulation sur les digues était bien dégagée et de que les zones de chantier en cours ne constituaient pas des points de fragilité. Un planning prévisionnel de surveillance a été établi sur plusieurs jours précisant la constitution des équipes de surveillance et l’attribution des secteurs de surveillance.

La hausse modérée du débit de l’Isère dans la journée du 4 janvier (420 m3/s à midi, 570 m3 vers 18 h) et les prévisions de crue du SPC ont conduit l’AD à renforcer sa vigilance sans toutefois déclencher l’alerte de niveau 1 de ses consignes en crue. Les entreprises titulaires de notre marché de travaux d’urgence ont toutefois été averties qu’une mise en alerte pouvait leur être signifiée à tout moment, la pointe de crue étant attendue dans la nuit. Le lendemain matin, vu les débits atteints par l’Isère durant la nuit, ce premier niveau d’alerte a été enclenché.

Pic de crue

Le pic de crue a été atteint à Pontcharra le jeudi 4 janvier à 21 h avec 3,83 m enregistrés à l’échelle limnimétrique de la station de la Gâche ; et le vendredi 5 janvier à 4 h du matin à Grenoble avec un niveau de 2,80 m à la station de Grenoble/Bastille équivalent à un débit de 810 m3. Le passage de la pointe de crue a néanmoins été très rapide, car une heure plus tard le débit était déjà redescendu à 790 m3.

En aval de Grenoble, l’Isère est restée en vigilance verte durant tout l’épisode de crue car elle présentait des débits moins inquiétants.

Désordres consécutifs à la crue

Le vendredi 5 janvier au matin, des tournées ont été organisées sur les digues de l’Isère en amont de Grenoble afin de répertorier les premiers désordres consécutifs à la crue. D’un point de vue général, aucune dégradation majeure des endiguements n’a été relevée sur l’ensemble du linéaire, exception faite de la digue en amont de la confluence avec le ruisseau de Sainte Marie d’Alloix. Le président de l’Association Syndicale locale nous avait signalé que la digue rive droite de l’Isère était fortement dégradée en amont immédiat de la confluence sur 55 m côté terre par la crue du ruisseau de Sainte Marie d’Alloix. Après constat sur site et discussion avec la maîtrise d’œuvre EGIS, il a été conclu qu’aucune réparation d’urgence ne devait être engagée sur ce secteur. Le Symbhi va statuer sur ce dossier pour identifier les interventions nécessaires à la remise en état du site.

À Lumbin, un glissement déjà identifié et constituant un point de vigilance particulier n’a pas été aggravé par la crue, le niveau d’eau n’ayant pas atteint le talus dégradé. Hormis des inondations très localisées par remontées de nappe dans la plaine de Muriannette/Gières, seul le dysfonctionnement de la station Cheminade a entrainé une entrée d’eau via le déversoir de sécurité du canal Cheminade et inondé plusieurs terrains agricoles.

Sur les digues de l’Isère aval où la crue a été de moindre importance, deux désordres mineurs ont été constatés : un embâcle en cours de formation à la confluence du Palluel et l’aggravation du désordre en aval du pont de Saint-Quentin-sur-Isère, zone fragilisée par les travaux de construction d’un nouveau pont et dont le confortement définitif est programmé dans les mois à venir.

Tournées post-crue

Les jours suivants, des tournées ont été effectuées afin de repérer les désordres post-crue, de procéder au marquage des laisses de crue et de contrôler l’état d’engravement de toutes les vannes. Suite à ces tournées, la programmation rapide d’hydrocurage des têtes de buses prises dans les dépôts de limons a été décidée afin de garantir leur bon fonctionnement lors de la prochaine crue.

Meylan, le 4 janvier

Entrées d’eau dans la plaine agricole.

Sainte-Marie-d’Alloix

La digue érodée en amont de la confluence de l’Isère avec le ruisseau de Sainte-Marie-d’Alloix.

Gières

Suite à un dysfonctionnement de la station de relevage, les eaux du canal de Cheminade ont inondé plusieurs terrains agricoles via le déversoir de sécurité aménagé en rive gauche du canal.

Canal de Cheminade

Les pompes de la station de relevage ont été remises en route dans la matinée du 5 janvier.

Laisse de crue sur échelle

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